dimanche 24 août 2008

30 ans!!

samedi 16 août 2008

La joueuse de Go

Autour de moi les feuillages s'agitent. Mon regard se pose sur une cigale aggripée è un arbre. Sa cuirasse s'est ouverte en une large fente, d'où émerge un corps translucide. Traversée de tremblements cette nouvelle vie se deploie, s'étire, se tord, se balance. J'attends le moment où elle se detachera de sa depouille et l' incite à grimper sur mon doigt. A la clarté de la lune la cigale molle ressemble a une sculpture de jade ciselée par un artisan habile. Ses ailes s'allongent sur une chair de soie, comme deux gouttes de rosée prêtes à tomber. Je touche l'extremité de son abdomen. A peine l'ai je frolé que ses veines se décomposent, sa transparence s'altere. L'insecte émet un liquide d'encre. Son corps s'affaisse. L'une de ses ailes enfle, éclate, et se répand en larmes noires.

samedi 9 août 2008

Crépuscules Ceruléens

Je veux parler du bonheur et du bien-être, de ces instants rares et inattendus où la voix intérieure se tait et où l'on se sent a l'unisson avec le monde.
Je veux parler du temps qu'il fait au début de juin, d'harmonie et de repos béat, de rouge-gorges, de pinsons jaunes et de merles bleus filant entre les feuilles vertes des arbres.
Je veux parler des bienfaits du sommeil, du plaisir de manger et de boire, de ce qui arrive au cerveau quand on sort dans la lumière de quatorze heures et qu'on sent autour de soit la chaude étreinte de l'air.
Je veux me rappeler les crépuscules ceruléens, les aubes langoureuses et rosées, les jappements des ours, la nuit dans les bois.
Je veux me rappeler tout cela. Et si tout c'est trop demander, alors une partie. Non, plus qu'une partie. Presque tout. Presque tout avec des blancs réservés pour ce qui manque.
Un bout de ciel bleu ici; là un boulot dont l'écorce reflete la lumière du soleil. des nuages qui ressemblent à des visages humains, à des cartes géographiques, à des animaux de rêve dotés de dix pattes. L'éclair soudain d'un orvet qui se faufile dans l'herbe. les quatre notes de lamentation moqueuse d'un oiseau invisible. Les milliers de feuilles d'un tremble fremissant comme des papillons blessés au souffle du vent dans les branches.


petite fille et lait

un grain de poussière

j'suis qu'un grain de poussière, un grain de poussièrequi colle à tes bottines, qui bloque la machine ,qui fait de la ville un désertun fils de la terre et du ventj'suis qu'un grain de poussière, un grain de poussièreperdu comme un enfant dans l'oeil du firmament prisonnier d'un courant d'airun grain de poussière, un fils de la terre et du ventj'suis qu'un grain de poussière, un grain de poussièrequi erre à la lisière de l'enfer et du cielun ange gardien du néant un grain de poussière infiniment petit ou grand.....

(texte de jacques higelin)


thé au sahara

petite fille à l"épaule nue

petite fille à l"épaule nue

COM UN ARBRE NU


Com un arbre nu, com dibuix fet al vent,
Comme un arbre nu, comme un dessin fait dans le vent
com un arbre nu, jo, l'ocell.
Comme un arbre nu, moi je suis l'oiseau
Com del mar un port, món silent, cau d'amor,
Comme un port sur la mer, un monde silencieux, cri d'amour
com del mar un port, jo, el vaixell.
Com un port sur la mer, moi je suis le bateau
L'infinit tot d'un cop i el silenci absolut.
L'infini soudain et le silence absolu
Som el món sencer i també el no-res.
Nous sommes le monde entier, et aussi le néant
Tanca els ulls: som esperit.
Ferme les yeux, nous somme des esprits
Obre els ulls: som el cos.
Ouvre les nous sommes des corps
Som la llum del sol, de la nit la foscor.
Nous sommes la lumiere du soleil, et l'obscurité de la nuit
Com un llibre blanc on hi ha escrit el meu nom.
Comme un livre blanc où est écrit mon nom
Com un llibre blanc, jo, aquell mot.
Comme un livre blanc, et moi je suis ce mot
Com una cançó, joc del so joc del to.
Comme une chanson, jeu de son, jeu de ton
Com una cançó, jo, l'acord.
Comme une chanson, moi je suis l'accord.

Lluis LLach