jeudi 31 mai 2007
Publié par pauline à la plage à 18:49 0 commentaires
C'est tellement mystérieux, le pays des larmes.

-Il y a des millions d'années que les fleurs fabriquent des épines. Il y a des millions d'années que les moutons mangent quand même les fleurs. Et ce n'est pas sérieux de chercher à comprendre pourquoi elles se donnent tant de mal pour se fabriquer des épines qui ne servent jamais à rien? Ce n'est pas important la guerre des moutons et des fleurs? Ce n'est pas sérieux et plus important que les additions d'un gros Monsieur rouge? Et si je connais, moi, une fleur unique au monde, qui n'existe nulle part, sauf dans ma planète, et qu'un petit mouton peut anéantir d'un seul coup, comme ça, un matin, sans se rendre compte de ce qu'il fait, ce n'est pas important ça?
Il rougit, puis reprit:
-Si quelqu'un aime une fleur qui n'existe qu'à un exemplaire dans les millions d'étoiles, ça suffit pour qu'il soit heureux quand il les regarde. Il se dit: "Ma fleur est là quelque part…" Mais si le mouton mange la fleur, c'est pour lui comme si, brusquement, toutes les étoiles s'éteignaient! Et ce n'est pas important ça!
Il ne put rien dire de plus. Il éclata brusquement en sanglots. la nuit était tombée. J'avais lâché mes outils. Je me moquais bien de mon marteau, de mon boulon, de la soif et de la mort. Il y avait sur une étoile, une planète, la mienne, la Terre, un petit prince à consoler! Je le pris dans les bras. Je le berçai. Je lui disais: "La fleur que tu aimes n'est pas en danger… Je lui dessinerai une muselière, à ton mouton… Je te dessinerais une armure pour ta fleur… Je…" Je ne savais pas trop quoi dire. Je me sentais très maladroit. Je ne savais comment l'atteindre, oû le rejoindre… C'est tellement mystérieux, le pays des larmes.
Publié par pauline à la plage à 18:28 0 commentaires
lundi 21 mai 2007
le plat pays

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
Et de vagues rochers que les marées dépassent
Et qui ont à jamais le cœur à marée basse
Avec infiniment de brumes à venir
Avec le vent de l'est écoutez-le tenir
Le plat pays qui est le mien
Avec des cathédrales pour uniques montagnes
Et de noirs clochers comme mâts de cocagne
Où des diables en pierre décrochent les nuages
Avec le fil des jours pour unique voyage
Et des chemins de pluie pour unique bonsoir
Avec le vent d'ouest écoutez-le vouloir
Le plat pays qui est le mien
Avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu
Avec un ciel si bas qu'il fait l'humilité
Avec un ciel si gris qu'un canal s'est pendu
Avec un ciel si gris qu'il faut lui pardonner
Avec le vent du nord qui vient s'écarteler
Avec le vent du nord écoutez-le craquer
Le plat pays qui est le mien
Publié par pauline à la plage à 20:47 0 commentaires
dimanche 13 mai 2007
dimanche 6 mai 2007
DELIRI DE DOLCESA EN ELS TEUS ULLS INFINITS
És l'alba que arriba pentinada de sorra vermella,
És la mar que m'encega i jo salto damunt les onades
Hi ha l'atzar, hi ha l'amor que es plau d'atiar
El meu desig de ser tu, d'estar amb tu, de revelar te
Que tu ets la meva Venus de Boticelli,
La meva primavera
Hi ha el meu nom, hi ha el teu,
Hi ha l'invisible
Pell salada més pura, més lliure, més pintada
Hi ha l'Univers, si, des d'aqui el veig
I aquest univers en naixer va crear els nostres esperits
dels atoms d'un mateix estell...
Som bocins que pertenyem al mateix lloc, al mateix mar
I jo sol no puc arribar on ets tu
Hi ha l'atzar, hi ha el crepuscle, hi ha el sentit
Hi ha la metafisica, hi ha la fiblada del teu ser
Que hi ha rere el mar? Ets tu?
Ets tu?
Jo sé que si, pero tu que ets molt juganera,
Em fas pam i pipa i elis elis......
Publié par pauline à la plage à 12:59 0 commentaires
petite fille et lait
un grain de poussière
j'suis qu'un grain de poussière, un grain de poussièrequi colle à tes bottines, qui bloque la machine ,qui fait de la ville un désertun fils de la terre et du ventj'suis qu'un grain de poussière, un grain de poussièreperdu comme un enfant dans l'oeil du firmament prisonnier d'un courant d'airun grain de poussière, un fils de la terre et du ventj'suis qu'un grain de poussière, un grain de poussièrequi erre à la lisière de l'enfer et du cielun ange gardien du néant un grain de poussière infiniment petit ou grand.....
(texte de jacques higelin) |
thé au sahara
petite fille à l"épaule nue
COM UN ARBRE NU
Com un arbre nu, com dibuix fet al vent,
Comme un arbre nu, comme un dessin fait dans le vent
com un arbre nu, jo, l'ocell.
Comme un arbre nu, moi je suis l'oiseau
Com del mar un port, món silent, cau d'amor,
Comme un port sur la mer, un monde silencieux, cri d'amour
com del mar un port, jo, el vaixell.
Com un port sur la mer, moi je suis le bateau
L'infinit tot d'un cop i el silenci absolut.
L'infini soudain et le silence absolu
Som el món sencer i també el no-res.
Nous sommes le monde entier, et aussi le néant
Tanca els ulls: som esperit.
Ferme les yeux, nous somme des esprits
Obre els ulls: som el cos.
Ouvre les nous sommes des corps
Som la llum del sol, de la nit la foscor.
Nous sommes la lumiere du soleil, et l'obscurité de la nuit
Com un llibre blanc on hi ha escrit el meu nom.
Comme un livre blanc où est écrit mon nom
Com un llibre blanc, jo, aquell mot.
Comme un livre blanc, et moi je suis ce mot
Com una cançó, joc del so joc del to.
Comme une chanson, jeu de son, jeu de ton
Com una cançó, jo, l'acord.
Comme une chanson, moi je suis l'accord.
Lluis LLach




